Warnécourt : Deux cents enfants valorisent le sport

Chaque année, les établissements médicaux-sociaux des Ardennes sont invités à travailler sur un thème en interdisciplinarité. Certains choisissent travaillent sur la sécurité routière, d'autres en sciences... et  le Centre de réadaptation fonctionnelle et de réhabilitation motrice pour enfants de Warnécourt a choisi le sport. Pendant une semaine, l'un des établissements accueille les autres pour mettre en commun le travail accompli et partager expériences et conseils lors d'un moment convivial. Warnécourt est l'hôte de cette semaine centre ressource pour la seconde fois.

Cet événement a été mis en place avec le Comité départemental handisport des Ardennes, partenaire régulier des établissements UGECAM NORD-EST dans le département. Environ deux cents élèves venant d'une dizaine d'établissements accueillant des enfants porteurs d'un handicap ont fait le déplacement sur ces quatre jours pour pratiquer différents sports. Des Interviews de sportifs ardennais ont été réalisées par les jeunes  (préparées en classe en amont) : Amel Boudera des Flammes carolos,  la championne de Boxe Anne Sophie DACOSTACéline GERNY en Equitation,  Johann KLEIN et Jean-Louis CERBELLE en Canoë-Kayak, Julie GERVAIS pour le tennis, Aymeric GUIOT en escrime et bien d'autres encore (14 sportifs différents sur la semaine, certains sont venus d'autres départements). Les disciplines étaient les riches et variées : Athlé-fauteuil, Boxe,  Aviron, Kayak, Tennis de table, Hand Bike, Joëlette, Boccia, Tir laser, Escrime, Sarbacane, Basket et Equitation.

Un parcours d'orientation avec utilisation de plan et de boussoles a été proposé avec la remise d'une médaille pour chaque élève. L'évènement étant la finalisation d'un travail conséquent réalisé classe.

 

FOCUS SUR LE HANDICAP ET LA SCOLARITÉ

 

Florence SERAFINI, inspectrice de l'Éducation nationale pour l'adaptation et la scolarisation des élèves en situation de handicap, chapeaute le projet chaque année et travaille en étroite collaboration avec le centre de Warnécourt pour organiser la scolarisation de nos patients. Elle nous parle handicap et scolarisation :

Quel est le poids du handicap dans les écoles ardennaises aujourd'hui ?

Il y a dans les Ardennes, pour l'année scolaire 2017/208, plus de 2 000 élèves en situation de handicap, c'est-à-dire reconnus par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Cela correspond à environ 3,5 % de la population scolaire, soit un peu plus que dans d'autres départements, notamment parce que nous accueillons régulièrement des élèves d'autres académies, parfois limitrophes, parfois plus lointaines. Nous avons eu des élèves venant des Vosges par exemple.

Tous ces élèves sont scolarisés dans des établissements spécifiques ?

Non. Environ 500 élèves le sont effectivement dans des établissements médico-sociaux tel que le centre de Warnécourt mais aussi les IME (instituts médico-éducatifs), 500 autres le sont dans des Ulis (unités localisées pour l'inclusion scolaire). Elles proposent, en milieu ordinaire, des modalités d'apprentissage et des enseignements adaptés. Enfin le reste des élèves, environ 1000, sont scolarisés dans des classes ordinaires au sein desquels ils bénéficient de moyens humains (auxiliaires de vie scolaire...), de matériels pédagogiques adaptés (aménagements...).

L'inclusion dans le milieu scolaire ordinaire est-il une fin en soi ?

Notre but est surtout que nous essaimions nos adaptations pour que l'école soit de plus en plus inclusive et surtout que le parcours des élèves soit réussi quel que soit le mode scolarisation. Pour cela, à l'Inspection, nous cherchons à être en lien avec tout le monde et à multiplier les partenariats. Ce centre ressource est un formidable outil pour cela.

De quelle manière ?

Chaque établissement participant est centre ressource sur un thème et à tour de rôle, ils s'accueillent les uns les autres. Le but, c'est que chacun soit acteur de la rencontre au centre ressource et surtout pas consommateur durant la semaine. Par exemple, sur la thématique du sport, nous accueillons des sportifs ardennais. Les élèves doivent préparer des interviews en amont de la rencontre qui seront filmées. C'est un travail de longue haleine pour tout le monde et il permet d'essaimer des pratiques. C'est un marché aux idées, lors de la semaine du centre ressource, telle classe qui a mis en place telle adaptation va échanger avec une autre classe qui cherche une solution qui peut être déjà mise en pratique ailleurs.

Cet événement, le fait que des élèves viennent d'autres académies... peut-on dire que les Ardennes sont à la pointe de l'inclusion scolaire ?

Il faut être honnête : il y a des endroits qui sont formidables (je pense aux partenariats qui existent entredes établissements médico-sociaux et des écoles de droit communs qui permettent à des élèves d’obtenir des certifications (ex CAP cuisine) et d'autres où c'est difficile. Il reste du travail à faire.

Mais il est vrai que les Ardennes ont une tradition d'inclusion qui précède la loi de 2005 sur l'inclusion des élèves porteur d'un handicap dans le milieu ordinaire et que je cherche à communiquer sur les pratiques ardennaises. Je suis intervenue à Paris lors du salon de l'éducation, d'un colloque de médecins scolaires et de tables rondes avec des associations.

D'où peuvent venir les blocages à l'inclusion ?

Souvent les enseignants ou les parents récitants à l'inclusion d'un enfant porteur d'un handicap en classe ordinaire sont des gens qui n'ont jamais été en face de situations de handicap. Quand c'est le cas, ils sont au contraire très demandeurs.